Bonjour à vous tous,

Sur les 800 kilomètres de voies cyclables et de routes à faible circulation, mon amie France et moi avons parcouru 465 kilomètres d'Orléans à Angers avec nos vélos électriques neufs, deux sacoches de 20 litres (étanches) et une belle détermination à réussir ce voyage dans la joie. 

Les indications de kilomètres sont celles du Routard mais dans la réalité, nous en ferons chaque fois plus, compte-tenu de nos erreurs.

J'avais au préalable fixé l'itinéraire, réservé les chambres par RBNB ou au camping et surtout pris les billets de train+vélos pour le retour.

Sept jours pour découvrir les châteaux, jardins, abbayes et paysages et rencontrer de belles personnes sur notre route !

Départ lundi 22 au matin : Première étape : Orléans

De Wavre, nous prenons la voiture et chargeons les deux vélos sur le porte-vélos. Je propose de passer par Reims pour éviter Paris. C’est plus long mais nous pourrions nous arrêter pour visiter Reims, Troyes ou Sens. Il y a 440 kilomètres environ et 5 heures de route. Nous faisons le choix de passer par Paris et ce fut très pénible ! Plus de 7 heures de trajet à slalomer entre les bouchons et les travaux !

Logement le 22 au soir, à St Jean Le Blanc dans une maison dont le jardin est extrêmement sec. En nous rendant au restaurant pour dîner, nous constaterons avec stupéfaction à quel point la Loire manque d'eau. Les opérateurs des centrales nucléaires font des retenues pour refroidir les réacteurs. Il est interdit de se baigner ou de boire l'eau du robinet sur l'ensemble de notre parcours ! Une déception majeure !

Par contre, l'aménagement des berges est sympathique avec ces engins modernes de musculation, des vélos en prêt, des kiosques/bars remplis de convives.

Les pistes cyclables sont certes visibles mais pas toujours bien balisées. Nous chercherons un pont à plusieurs reprises et nous retrouverons par erreur sur une route dangereuse probablement interdite à la circulation des vélos ! L'aventure commence !

Deuxième manquement de notre part, ne pas avoir acheté les deux cartes "la Loire à vélo 1" et "La Loire à vélo 2" sur lesquelles les points noeuds sont signalés. Nous disposions du guide du Routard "La Loire à vélo".

Au matin, notre hôtesse nous offre un petit-déjeuner bien garni et ce sera la seule fois, ce que nous avons bien regretté car il nous a été difficile de trouver des épiceries ouvertes dans les villages à l'heure du déjeuner.

23 juillet 2019 : départ en vélo en direction de Blois – 48 kilomètres

La route est très belle, souvent ombragée et bordée de très anciennes et vastes demeures. Nous observons beaucoup d'oiseaux sur la Loire. 

. Meung sur/Loire : 20 kilomètres – 2 heures – (collégiale, château 9 euros, jardins)

Il fait 38°et sommes heureuses d'entrer dans ce château aux deux visages.Muides 2

"Jusqu’à la Révolution, il fut la prestigieuse résidence des évêques d’Orléans et accueillit de grands noms de l’Histoire de France. 

Tout commence avec le premier château qui servit de cadre au traité de 861 entre Robert le Fort et le roi Charles le Chauve, qui marqua le début de l’ascension de la dynastie capétienne. 

Le château de Meung fut également un lieu stratégique dans le conflit qui opposa les Anglais aux Français pendant la guerre de Cent Ans : Jeanne d’Arc le délivra après sa victoire à Orléans.

De nombreux rois y firent halte comme François Ier ou Louis XI.

Il connut ses moments de gloire, en particulier à la veille de la Révolution lorsque l’évêque d’Orléans Jarente de la Bruyère y investit toute sa fortune pour y recréer un petit Versailles. 

Le château a aussi son côté sombre : il servit de prison. Son plus célèbre prisonnier fut le poète François Villon.

Racheté à la Révolution par l’un des fondateurs de la Banque de France, le château de Meung est depuis quelques années une demeure privée ouverte à la visite."

château Muides

Nous aimons beaucoup les explications données sur des fiches, par pièce, à propos de la vie de tous les jours et l'exposition de manière ludique des différents objets. Dans les souterrains, une vidéo son et lumière sera très intéressante et... glaciale... une prison bien austère !

les baignoires

 La salle des bains nous fit rêver d'un rafraîchissement !  

le bain

. Beaugency : 8 kilomètres – 1 heure (château, tour, église, hôtel de ville, quais, vieux pont)

. Muides sur Loire : 16,5 kilomètres – 2 heures

Nous nous arrêterons dans un lieu associatif et culturel au bord de la Loire pour acheter une bouteille d'eau, il fait 39° et boire est une priorité !

endroit associatif 2endroit associatif 1

Nous logeons le 23 au soir à St Dyé sur Loire, après avoir fait plus ou moins 70 kilomètres. Accueil sympa par notre hôtesse dont le mari a refait entièrement seul une chambre, salle de bains et toilettes en face de leur habitation, dans une petite cour fleurie. Après une douche divine, nous espérons trouver l'unique restaurant ouvert. Fermé tout comme le bar qui fait face dont le gérant nous claque la porte au nez après nous avoir vendu deux bières à 6 euros chacune, nous demandant de rapporter les consignes le lendemain. Nous partons vers le fleuve un peu dépitée avec cet unique "repas" ! Mais le moment est magique... Je reviendrais me coucher après avoir mangé une boite de sardine tandis que France aura le ventre vide !

Maison de pêcheur
notre rue à St Dié



Bord de Loire coucher de soleil

Eglise St Dié

 

 

 

 

 

 

 Nous ne manquons pas d'admirer au matin la vieille église, la place du marché et les quelques ruelles fleuries de roses trémières. 

 24 juillet 2019 : départ direction Chambord – 31 kilomètres 3 heures

. St Dyé sur Loire (Parcours pédestre, église et vieilles maisons, rives maison de la Loire)

. Chambord – visite du château et des jardins (14,5 €) et circuit vélo dans la forêt

Nous achetons de quoi déjeuner à l'épicerie du coin et après quelques kilomètres à découvert mais sur piste cyclable, encore fraîches, nous entrons dans le parc du château de Chambord, un bonheur d'être là.

Sur le site, l'organisation est très complète, très touristique avec des restaurants, des glaciers, des crêpiers, deux boutiques, etc. Nous cherchons à garer nos vélos à l'ombre supputant que les batteries à 60° risqueraient d'exploser. 

Puis sommes admiratives devant la grandeur et la richesse de ce chef d'oeuvre de la Renaissance ! Une splendeur ! Le grand escalier à double révolution nous a joué un tour, France caracolant jusqu'au troisième étage... et moi m'arrêtant au premier ! Les portables nous ont aidé à nous retrouver ! 

Les pièces sont immenses mais pas de pièces à vivre excepté les cuisines. Chaque salle met en scène une exposition racontant l'histoire du château et des châtelains successifs. La grande Histoire de France. 5500 hectares, un canal pour les approvisionnements en provenance de la Loire, un grand relais de chasse habité quelques jours par an par les nobles ! De nombreux touristes déambulent, se croisent, photographient.

Chambord entier

 

 

Chambord détails

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Escalier sculpté

Eléments sculptés

Nous ne verrons pas l'église, ni le potager et les jardins car la chaleur est torride : 40° ! Je pourrais faire infuser mon thé avec mon eau chaude !

Chambord modifié

jardins 

Malgré la chaleur écrasante, nous nous rendons le long du canal pour prendre cette vue du château, vision absolument magnifique ! 

Nous cherchons un chemin pour rester en forêt jusqu'à Huisseau sur Cosson. Nous achèterons des fruits sur un petit étal dans ce village. Les oranges et pamplemousses nous sauveront à plusieurs reprises d'étourdissements ! Les pistes cyclables étant parfois introuvables, nous restons sur la route bitumée donc extrêmement chaude mais qui nous offre deux heures d'avance sur le prochain accueil. Nous nous allongeons sous un arbre, dans une prairie où je peux écrire quelques pages.

Nous logeons à Vineuil dans une maison. Après 55 kilomètres au compteur, nos vélos au garage, une bonne douche fraîche, nous filons à l'Intermarché. Il fait 38° à 19 heures et apprécions la climatisation. France préparera une excellente salade, notre premier vrai repas depuis notre départ. Je discuterai avec notre hôtesse tard dans la nuit et m'endormirai encore plus tard, les cloches du village sonnant toutes les heures ! J'aurais dû m'en douter, entre la rue Debussy et la rue Maurice Ravel, il ne pouvait y avoir que de la bonne musique !

25 juillet 2019 : départ en direction Tours – 66 kilomètres

La température prévue est de 42° à l'ombre et nous sommes au soleil toute la journée !

. Blois – 10 kilomètres

 Notre route jusqu'à Blois semblait facile. Une erreur nous met sur le lit marécageux mais sec de la Loire, couvert dans un premier temps de sable et de cailloux ce qui nous oblige à pousser nos vélos à la main. Plus loin, le sentier se rétrécit et entamons un parcours entre les ronces et les orties puis les hautes branches de buissons nous freînent le passage. Nous rendant compte que le chemin d'accès est en surplomb sur notre gauche, nous espérons l'atteindre rapidement. C'était sans compter un arbre volumineux, couché sur notre sentier. France préférait faire demi-tour ; mon épaule me faisant souffrir, je proposais d'aller voir si au bas du fossé se trouvait de l'eau ce qui aurait rendu impossible la remontée des vélos. Ce fut un gros stress, un grand moment de doute car seules dans ce marécage, nous n'étions pas sûres de réussir sans les secours !

Ce dernier étant sec, France très courageusement s'élança, en sandales, dans les ronces et les orties d'une hauteur d'un mètre pour les écarter, les écraser sur son passage. Puis elle revint chercher les sacoches et je l'accompagnais, marchant à mon tour sur cette sente épineuse nouvellement créée. Elle alla ensuite chercher les vélos. Je trouvais l'astuce d'accrocher au guidon un antivol afin d'avoir une poignée solide au centre pour extirper chaque vélo du fossé, France les poussant fort à l'arrière. Le soleil cognait dur et nous étions trempées de sueur. Enfin sur le chemin, nous constations nos blessures... de grosses égratignures sanguignolantes sur nos jambes. Eau micronisée et mouchoirs pour nettoyer et calmer... et nous voilà reparties. Quelques mètres plus loin, un homme au volant d'une grue avait déplacé l'arbre pour le poser sur notre voie..., nous barrant l'accès victorieux. Fort heureusement, nous avons pu le contourner sur la gauche en soulevant les vélos... encore un rude effort... il fait combien sous le soleil ? Quelle mésaventure ! Nous avons pu compter l'une sur l'autre et nous dépasser... une très bonne leçon...

traversée

Herbes hautes

mes jambes

Nous aperçevons Blois sur notre droite.

Blois

 

 

 

 

 

 

. Chaumont sur Loire – 20 kilomètres – 2 heures (château 10,5 € avec jardins 16€)

Puis nous visitons le château de Chaumont, après avoir acheté de l'eau à l'accueil. 

Dès l'entrée, la visite de la "glacière" sur notre droite, un trou profond de 8 mètres qui devait être chargé de glace et de neige en hiver pour la conservation des aliments. Des animateurs en costume d'époque ! proposaient des ateliers (tirs à l'arc, jeux). La visite fut très instructive avec un mode ludique pour que les enfants trouvent sous forme de devinettes les objets servant à la vie quotidienne au château. Comme par exemple ce meubles à trois tiroirs pour la toilette, avec un évier, le bidet et le pot. Je n'ai aucune photo de cette visite et cette photo provient de leur site.

Chaumont

La chaleur s'intensifie après 15 heures. Nous trouvons une épicerie près d'une jolie halle où nous achetons de l'eau et des fruits. Les difficultés pour trouver le bon itinéraire nous retarde et nous accumulons les kilomètres. Heuseusement, la merveilleuse forêt de Montrichard nous emplit de joie et d'un peu de fraîcheur. Sauvons les arbres, ils sont si beaux et si utiles !

. Chenonceau : 28 kilomètres – 3 heures  

Après plusieurs arrêts en pleine campagne (traverser les champs de maïs est une épreuve car ils sont arrosés... et là, la chaleur devient fournaise !), je suis au bord de l'évanouissement et sans jambe. Nous finissons par arriver par un très joli sentier boisé au château de Chenonceau et dînons à 18 h 30 d'un sandwich, un repos bien mérité devant un décor fabuleux au soleil couchant. Nous ne le visiterons pas, à regret, faute de temps. Un joyau de la Renaissance sur le Cher.

Chenonceaux

Chenonceaux 1

Bléré, 8 kilomètres.

Nous atteignons Bléré par une magnifique piste cyclable en bordure du Cher.

Nous y logeons, après 76 kms sous le cagnard ! dans une maison avec piscine, attendues par un couple charmant et le rosé au frais ! Un accueil formidable, une bonne douche, un saut dans la piscine à 35°, c'est le bonheur parfait. Le temps est à l'orage mais notre hôte a bâché nos vélos et mis une bassine sur les raccords électriques pour la nuit. Et au matin, France fut ravie de déguster une baguette avec beurre et confiture, encore un plus !

Nous ne dirons jamais assez merci à tous ces hôtes d'une profonde gentillesse qui nous ont apporté tout ce dont nous avions besoin pour nous remettre de nos pérégrinations estivales.

26 juillet 2019 : départ en direction de Tours – 65 kilomètres

 Sous une pluie fine et intermittente, soulagées que la canicule soit terminée, nous nous dirigeons vers le château d'Amboise. Toute cette région regorge de beautés : maisons de maître en pierre de tuffeau, beaux paysages. Dommage que les étangs ou cours d'eau soient recouverts de vase et d'algues, parfois si denses que la surface parait peinte d'un vert kiwi, fluorescent.

. Amboise – 15 kilomètres – 1 h30 (visite château 12,80€ et jardins panoramiques). Difficile de choisir cette visite car nous pouvons aussi nous rendre au Château du Clos Lucé, parc de Léonard de Vinci ou au château Gaillard.

La timide réapparition du soleil nous permet une agréable visite des parties extérieures.

Petite chapelle St Hubert, vrai bijou d'architecture gothique de la fin du XVe s. 

château

Chapelle St Hubert

Décor gothique

Le château est très joliment meublé, juxtaposant deux styles opposés : français ou gothique et italien et Renaissance.

 

Fauteuil

 

Vue sur la Loire, d'une largeur toujours impressionnante, que surplombe le pont en pierre Maréchal Leclerc. 

pont sur Loire

. Mont Louis sur Loire : 15 kilomètres – 1 h 30

Le soleil revenu, nous pédalons activement jusqu'à Mont Louis. La route est longue, plus vallonnée. Nous nous perdons à nouveau car les panneaux sont rares et peu indicatifs. Géo Vélo raconte n'importe quoi tandis que Waze ignore les pistes cyclables ! Roulons roulons jeunesse, buvons, roulons jusque Tours, une ville magnifique.

. Tours : 13 kilomètres

Nous allons tout droit visiter la cathédrale. J'ai toujours du plaisir à rouler en ville, allez savoir pourquoi ?

"Architecture. La longueur totale de la cathédrale Saint-Gatien est de 97 mètres, la hauteur des voûtes de 29 mètres. Au centre, la magnifique verrière de l'abside date des années 1260-1267. Elle domine un chœur de style gothique rayonnant érigé grâce aux largesses de Saint Louis."

Toujours impressionnant ! Je remercie pour tous les bons trajets, les bonnes rencontres, notre santé, le bonheur d'être là. Et je prie pour ma famille et tous mes amis puis le monde entier, la paix... notre coeur ne sera jamais assez ouvert pour contenir toute la richesse de la création !

Intérieur cathédrale

Cathédrale Toursensemble place ToursBoulangerie

maison Tours

 

 Puis, nous mangeons une glace sur la place Plumereau, très ancienne dont les maisons (à pignons et pans de bois du XVe) ont été admirablement restaurées. 

La ville est très animée car braderies et brocantes asphyxient les rues piétonnes ! Nous nous faufilons tant bien que mal sur les trottoirs pour nous extraire de là ! Sortir d'une grande ville est toujours compliqué mais là, nous décrochons la palme ! Nous demandons notre chemin... les réponses sont toujours aléatoires... parfois cela marche, souvent non ! Un homme nous incite à traverser la ville de part en part jusqu'à une fontaine. Nous pédalons et nous retrouvons coincées entre une autoroute, une voie rapide, un parking d'hypermarché... l'horreur. Là, on fait "n'importe quoi" : on coupe tout afin de se retrouver sur des trottoirs occupés par des arbres ou des voitures ! Nous faisons demi-tour pour retrouver le Cher au pied d'immeubles grâce cette fois à l'application Waze et nous voilà hors de danger sur une piste cyclable ! Ouf !

Il se remet à pleuvoir... nous interpellons à nouveau un homme qui nous mènera à la bonne piste en nous faisant traverser un golf. Nous sommes heureuses. Les kilomètres défilent, le gris aussi car la lumière est basse.

Nous passerons devant Villandry juste pour faire la photo et avalerons les 12 derniers kilomètres pour Langeais, de l'autre côté du Cher.

. Villandry = 15 kilomètres 

Villandry modifié

Logement à Langeais dans une maison, accueillies par un jack russel, Duffy. Chaque arrivée est une découverte : chambre spacieuse ou non, salle de bain vaste ou partagée, toujours équipées de douches modernes. Le grand confort le plus souvent.

Notre hôte nous réserve une table dans une crêperie. Le château de Langeais est magnifiquement illuminé le soir et les pavés fraîchement lavés brillent ! Enfin un bon repas chaud pour fêter nos 76 kms  ! 

Il nous est impossible de visiter tous les châteaux qui jalonnent notre route. C'est frustrant pour moi, tellement avide de connaissances et de nouveauté. J'ai très envie de refaire ce parcours en m'arrêtant partout où je n'ai pu le faire !

Langeais

 

 

27 juillet 2019 : départ en vélo direction de Saumur – 54 kilomètres

La journée s'annonce agréable, il fait délicieux pour rouler.

. Château de l’Islette en direction de Luré 

Nous passons devant ce château qui a fière allure. 

château Islet

. Azay-Le-Rideau - 7 et 15 kilomètres (château 10,5 €)

Azay détail"Pureté de son style Renaissance tourangelle". 

Il est situé dans un magnifique écrin de verdure. Beaucoup d'ornements extérieurs sont finement sculptés. Les pièces sont valorisées par des installations d'artistes qui s'inspirent de la Renaissance. Notre guide papier est précieux. Il nous apprend l'origine des bois des meubles, leur fonction, la destination des pièces etc.

La charpente est sublime, les pièces de mobilier et les tapisseries au mur sont somptueuses. Le thème de la chasse est récurrent.

Azay château

 

charpente

château eausalle à manger

cheminée

murs joncs

De grandes cheminées pour réchauffer les pièces mais également des nattes de jonc tressé couvrent les murs pour isoler les pièces du froid.

 

chambre 2

 

 

 

 

 

 

 

Nous roulons, toujours agréablement traversant une campagne offrant de beaux paysages.ferme

etang

Nous déjeunons sous un gros arbre face au château de Rigny-Ussé. Le temps est très menaçant et nous craignons un gros orage qui nous empêcherait d'avancer.

château ?

Fort heureusement, juste des trombes d'eau qui s'abattent sur nous pour deux heures de route. Il fait sombre, ma lumière arrière est détachée. Cela tombe mal.

Nous sommes partagées entre rouler à pleine vitesse dans les descentes... et ralentir pour ne pas glisser. Le froid s'installe en nous car notre gilet, recouvert d'un kway est à peine suffisant. Pas d'essuie-glace sur mes lunettes ! C'est une expérience... Désormais, la pluie ne me fera plus peur ! Avec mon pantalon kway, c'eut été mieux ! Nous traversons Chinon et apercevons sa forteresse... peu engageante avec ce temps.

Château_de_Chinon_vu_de_la_Vienne

 

 

 

 

 

 Beaucoup de vignobles, certains en agriculture biodynamique, d'autres exhalent des odeurs chimiques... Le vin est aussi empoisonné que la nourriture.

. Marnay – Brehémont – Le Saut – Rigny-Ussé -  17 kilomètres – 2 heures

Logement à Savigny en Véron : camping la Fritillaire - la fritillaire@orange.fr

Nous passons par Avoine... sans nous tromper cette fois et arrivons pleine de saletés et plus que trempées au camping... mes chaussettes flottent dans mes baskets !

Le jeune propriétaire du lieu est sympathique et souriant... je dégouline devant la porte de la réception. Une fois les clés de la caravane récupérées, nous trions toutes nos affaires sales et mouillées et déposons le tout dans la machine à laver puis le séchoir. Nous prenons une bonne douche et nous installons au snack : je mangerai un jambon frites... un peu salé. C'est juste parfait, surtout le pyjama tiède pour dormir !

ll fait cru à l'intérieur de la caravane et j'ai froid. Sortir la nuit m'est difficile mais là aussi, je me sens vivante : sortir de sa zone de confort, une fois de plus et humer l'air frais à 3 h du matin, ce n'est pas coutumier... un bon souvenir. La bonne humeur sera là au réveil et nous sommes heureuses de remonter en selle sous le soleil qui sèchera mes baskets sur le porte-bagage.

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28 juillet 2019 – départ en direction de Saumur – 58 kilomètres

Après un bon trajet sur des routes partagées, nous attachons nos vélos à l'ombre et laissons nos sacoches accrochées au vélo par un cadenas, ce que nous faisons partout, sans aucun dommage. 

Fontevraud-l’Abbaye : 15 kilomètres (visite de l’abbaye 9 € - prix réduit car couplé avec Azay-le-Rideau (Pass Val de Loire)

"L’Abbaye Royale de Fontevraud, située aux confins des trois provinces du Poitou, de l’Anjou et de la Touraine, est l’une des plus vastes cités monastiques d'Europe héritées du Moyen Âge. Classée Monument historique dès 1840, elle est, depuis 2000, inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco avec l’ensemble du Val de Loire."

"C’est une abbesse qui dirige l’Abbaye Royale, qui abrite femmes et hommes répartis entre les quatre prieurés : Sainte-Marie pour le "contemplatives", Sainte-Marie-Madeleine pour les sœurs converses, Saint-Jean de l’Habit pour les moines et Saint-Lazare pour les sœurs qui soignent les lépreux."

La visite est passionnante car cette abbaye a deux histoires fortes, celle de religieuses obéissant à un ordre très stricte et celle d'une prison, la plus dure de France jusqu'en 1966. Les prisonniers y travaillaient 15 heures par jour, mourant de faim et de froid.

Les salles sont immenses et pas chauffées. De nombreuses photos, textes et vidéos des anciens condamnés ou gardiens racontent le cauchemar d'être là.Intérieur église

Eglise Fontevrau

jardins intérieursInstallation de verre 2

Des artistes ont pris possession des lieux pour une installation lumineuse... chaque faisceau est-il une marque sur un mur, gravé par un prisonnier ?

Après la partie sportive, les visites au frais des bâtiments sont une vraie détente !

rue fleurie

 

Nous reprenons la route au travers de jolies bourgades fleuries pour le village troglodite de Turquant. Il en existe plusieurs, certains touristiques avec boutiques et cafés, d'autres plus authentiques que nous traverserons de part en part. C'est très surprenant d'imaginer que des gens ont habité là. On y trouve même des restes de "squatt".

Au loin, des villages, des châteaux et toujours cette Loire presque à sec !

Vue de la Loire le 28

. Turquant : 8 kilomètres (visite village troglodite accueillant les métiers d'art)

Troglo touristiques

Le "fontis" est un effondrement du sol dans une cavité. Le "ciel" (partie de roche se trouvant entre le plafond de la cavité et le terrain du dessus) se fragilise au cours des années jusqu'à un effondrement brutal. Etonnant village souterrain datant du XIe.


traversées troglodites

 

Traversée troglodite 2

Nous redescendons sur Parnay, au travers de ce village troglodique.

. Parnay : 4 kilomètres (visite de l’église et du parcours troglodytique)

Nous grimpons sur un plateau couvert de vignes sur lequel une église flotte au-dessus des ceps. Le temps est magnifique, toujours un peu venteux sur les hauteurs. La vue est panoramique.

Eglise ds vignes

sculpture de paille

Les champs offrent de belles structures en paille. 

La Loire est plus qu'à sec... juste incroyable !

Loire à sec

. Saumur : 15 kilomètres (visite château 9 € et jardins panoramiques) et l’île d’Offard

 De très belles bâtisses sur les bords de la Loire agrémentent notre parcours.

bâtiment bord de Loire 2

Belle tour 2

Nous voilà à Saumur pour y déguster une glace artisanale (promesse du glacier), petite ville qui semble un peu endormie car tout est fermé et nous ne pourrons acheter notre repas pour ce soir.  

Eglise Saumur

Saumur

Logement à Gennes – camping au bord de La Loire.

 Nous sommes  contentes de cette météo car notre cabane est vraiment au bord de ce fleuve... et en cette période de changement climatique, de nombreux campings sont évacués ou dévastés par les inondations. La cabane bouge quand on se retourne dans son lit et l'échelle est raide !

notre couchage 2

cabane au camping

L'accueil est charmant. Un petit rosé nous est offert et nous rencontrons des Wavriens, elle chimiste et lui charpentier. Ils nous invitent à partager leur repas. Nous oublierons de leur dire au-revoir au petit matin, l'intrusion de fourmis dans mon sac ayant retardé et perturbé notre départ !

Quelle ambiance ! Des enfants tournent en toute liberté avec leurs trotinettes, c'est sympa et familial. Le gros chien des Macas zieute un chat. Mais il a reçu l'ordre de se tenir tranquille. On entend des rires, les pleurs d'un bébé et on sent la fraîcheur du soir arriver. Les deux couvertures seront utiles. Les cloches reviendront me réveiller et je terminerai la nuit les écouteurs aux oreilles.

Ah la Loire ! Vue de mon lit ! 

vue de notre lit

 29 juillet 2019 – départ de Gennes en direction d’Angers - 40 kilomètres

 Une journée radieuse s'annonce, c'est la dernière sur nos selles. Le chemin serpente dans bois et forêts, c'est agréable. De magnifiques demeures aristocratiques sur notre gauche face à une Loire chargée en eau. Le ciel d'un bleu profond respire encore la fraîcheur.belles maisons

 

beaux bâtiments

 

 

De la route le 29

Des colonies d'oiseaux sur les bancs de sable nous offrent des arrêts sur les quais pour les observer.

 

 

 

 

 

 

 

. Le Thoureil (village au clocher-peigne en Anjou)

. St Rémy-La-Varenne (visite du Logis du Prieuré 4 €)

Nous visitons ce Prieuré et achèterons les deux cartes de la Loire indispensables pour notre prochain voyage ! Cette bâtisse servait de logis aux moines qui cultivaient les alentours. Une cheminée spectaculaire, entièrement sculptée et richement peinte (polychrome), une énigme. Une exposition de peinture n'a pas été décrochée et nous la découvrons.Prieuré arrière

PrieuréPrieuré cheminéePrieuré charpente

 

 

 

 

Les charpentes sont souvent magnifiques, voire extraordinaires, en chêne, d'une qualité de résistance incroyable après plus de 500 ans !

 

 

De très nombreuses tours, tourelles seront observées tout au long de notre voyage. Les gens fortunés modélisent les châteaux en construisant des demeures cossues.

. Brissac-Quincé : 13 kilomètres – 1 h – visite château Brissac – 10 € et parc

Construit à la fin du XV et reconstruit  par le duc, ce château compte sept niveaux et c'est le plus haut château de France : Wahoo !  Il est juste énorme. Sur les 200 pièces, nous n'en verrrons que dix, bien meublées et richement décorées. La chasse est à l'honneur partout. Le théâtre privé est magique avec ses petites loges et sa capacité d'environ 100 places. Pièces de théâtre, musique, repas délicieux, vins raffinés, le faste, le luxe. J'ai toujours une pensée pour ceux qui ont érigé de pareils chefs d'oeuvre, ces ouvriers qui ont travaillé à la force de leurs poignets et souvent au péril de leur vie.Brissac de loin

Brissac wahoo

Brissac galerieplafonds ornés

 

 

ChambreTapisserie, muranomaison colombage

 

Nous retrouvons les petites maisons à colombage sur la place de Brissac. A nouveau, rien d'ouvert au village, nous nous partagerons une orange...

. La Daguenière 

 De Brissac à Angers, nous subissons toujours le vent mais sur de petites routes où seules quelques voitures nous dépassent. Nous avons remarqué depuis notre départ qu'avec le temps caniculaire suivi de de grosses pluies, tout est désert. Villages fantômes, pas même un chat. Tout est fermé durant cette période de congés. Mais le plus ahurissant fut qu'au long de cette épopée, nous n'avons entendu que quelques oiseaux chanter, vu quelques papillons voler. Aucun insecte pour nous embêter. Le changement climatique est bien là avec la mort de la biodiversité et de certaines espèces... dont nous ferons probablement parti.

Angers est en vue. Dans les derniers dix kilomètres, nous nous arrêtons dans un grand supermarché pour faire le plein de courses pour quelques bons repas de fruits, fromages et salades. Bien chargées, nous pédalons avec force mais n'arriverons pas à temps, notre hôte, kinésithérapeute de métier, étant parti soigner un client. Nous nous échouons dans un parc sur un banc et je me jette, affamée, dans les sacoches pour en extraire de quoi me restaurer ! Nous patientons, philosophes !

Nous logeons dans une belle maison. Nos vélos en sécurité au garage. C'est une option que j'ai chaque fois choisie pour être sûre de retrouver nos cycles au petit matin.

L'accueil est sympathique, monsieur nous montrant toute la maison et nous laissant seule avec les clés. L'ensemble est royal,

 

la chambre immense avec une grande terrasse. Je profite de la piscine pour faire quelques étirements... l'eau n'est pas très chaude car le temps est moyen.

REPOS ! Après ces 55 kilomètres venteux, je suis harassée et tombe dans le grand lit dès 20 heures. Mon corps est endolori, bras et jambes et surtout sans force. J'ai perdu 3 kilos mais gagné du bonheur, de la joie, de la liberté !Vue des remparts

Ville Angers

Angers est une très belle ville. Nous découvrons l'église St Nicolas grâce à un paroissien qui teste sur une petite chaîne stéréo des adagios de Bach. Il nous explique comment l'église a été bâtie avec la pierre de tuffeau, très friable et celle plus dense, de couleur jaune pour les fondations. Il nous fait remarquer que la coupole du plafond est creuse et bien d'autres éléments magnifiques. Puis, de là, nous courons nous mettre à l'abri dans la cathédrale St Maurice, toute aussi majestueuse, investie par un artiste qui a accroché des centaines de petits pots en verre blanc remplis d'eau.

St Nicolas 

Cathédrale vue des remparts

choeur

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Les vitraux des rosaces sont exceptionnels. Le choeur aux six colonnes de marbre rose surplombé d'un décor surprenant en bois doré sculpté est d'une richesse qui dénote un peu dans ce lieu sacré serein. Je prends en photo une très belle icône, une vierge à l'enfant que j'adresse aussitôt à mon amie Christine qui en réalise de très belles.rosace

Installation artistique

Nous visitons le château, (9 €) situé sur un promontoire rocheux dominant la Maine. Forteresse et résidence fastueuse, aux XIV et XVe siècles, les ducs d'Anjou, Louis 1er, Louis II et le roi René, princes éclairés et amateurs d'art, mènent une vie de cour brillante à l'abri. Elle servira aussi de prison à de multiples reprises. Elle abritera aussi une incroyable ménagerie d'animaux familiers mais aussi exotiques (léopards, lions, autruche, chameau, singes) que l'artiste Rémou propose dans une version contemporaine dans les jardins du château.

jardins

Château Angers

L'apocalypse

L'apocalypse détail

 

"La tenture de l'Apocalypse de saint Jean est une oeuvre de prestige de grande dimension (100 mètres !) commandée en 1375 par Louis 1er d'Anjou, frère du roi Charles V et réalisée en sept ans. C'est Jean de Bruges, peintre du roi qui en a donné les cartons. Elle est entièrement tissée en laine et était à l'origine constituée d'un ensemble de six tapisseries de six mètres de haut sur 23 mètres de long."

"Elle évoque les visions prophétiques de saint Jean et la lutte entre le Bien et le Mal : après le cortège de catastrophes s'abattant sur l'humanité, éclatera le triomphe du Christ !"

Je terminerai ce récit par un texte du pape François avec comme sujet "Etre heureux"

"Vous pouvez avoir des défauts, être anxieux et toujours en colère, mais n'oubliez pas que votre vie est la plus grande entreprise du monde. Seulement, vous pouvez l'empêcher d'échouer. (...)

Rappelez-vous qu'être heureux, ce n'est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accidents, un travail sans fatigue, des relations sans déceiptions. Etre heureux c'est trouver la force dans le pardon, l'espoir dans les batailles, la sécurité dans les moments de peur, l'amour dans la discorde. Ce n'est pas seulement de goûter au sourire mais aussi de réfléchir à la tristesse. Ce n'est pas seulement pour célébrer les succès mais pour apprendre les leçons des échecs. Ce n'est pas seulement de se sentir heureux avec les applaudissements, mais d'être heureux dans l'anonymat. (...)

Utilisez les larmes pour irriguer la tolérance. Utilisez vos pertes pour raffermir la patience. Utilisez vos erreurs pour sculpter la sérénité. Utilisez la douleur comme plâtre du plaisir. Utilisez les obstacles pour ouvrir les fenêtres d'intelligence".

 

 Voyager léger, au milieu des éléments naturels (soleil, vent, pluie) vous recentre au coeur de l'essentiel et vous transforme à jamais.

Dernière remarque : les vélos électriques ne sont pas les bienvenus à bord des trains. Trop encombrants pour le peu de place prévu... le chef du train m'a fait des remarques disant qu'il n'y aurait aucune amélioration prévue, tout du contraire, voire le banissement des VAE sur les trains. Pas rassurant.

Dans l'avenir, il faudra prévoir une boucle !

1eraoût : Retour par le train d’Angers à Orléans avec les vélos 15 h 17 – durée 4 h 30 – 37,5 € . Nous retrouvons la voiture en parfait état, laissée près de notre premier logement, dans un quartier calme. Nous sommes arrivées à Wavre vers 1 heure du matin, ravies de notre périple et pleines de nouveaux projets ! 

Un tout grand merci d'avoir pris le temps de me lire !

Bien à vous

Christine